EVA&ADELE

Après les avoir vues de loin à des foires et vernissages, ayant admiré leurs tenues, leur courage, leur talent, j’ai enfin pu rencontrer EVA&ADELE pour de vrai. L’émission « Métropolis » sur ARTE m’a demandé de réaliser leur portrait à l’occasion de l’exposition « YOU ARE MY BIGGEST INSPIRATION » au Musée de l’Art Moderne de Paris du 30 septembre 2016 au 26 février 2017.

Rencontrer EVA&ADELE fut un véritable cadeau. Leur gentillesse, leur élégance et leur sincérité sont rares. Aussi rares que ce vrai lien humain qui s’est noué en quelques heures, presque la naissance d’une amitié que l’on aimerait garder toujours. Je suis profondément reconnaissante à EVA&ADELE qui m’ont ouvert leur coeur dans un échange franc, d’égal à égal, sans fard.
J’ai pu découvrir dans ces deux jours de tournage un engagement sans faille, radical et passionné pour l’art, une dévotion totale pour leur oeuvre monumentale.

EVA&ADELE questionnent notre rapport au genre, à l’identité, notre rapport au moi, à l’autre, à la féminité, à la beauté. A n’importe quel moment, elles sont une oeuvre d’art parfaite, vivante, inspirante, tout en restant profondément humaines et aimables.

EVA&ADELE sont à part dans le monde de l’art: elles représentent pour moi la beauté de l’âme humaine, et leur oeuvre reflète sa profondeur dans les dimensions les plus scintillantes, les plus douloureuses, les plus lointaines.

Frank Dabba Smith

Ma rencontre avec Frank Dabba Smith n’aurait jamais eu lieu sans Alexandre Fronty. Ce producteur généreux et toujours curieux de tout m’avait passé un article il y a une dizaine d’années. Cet article parlait d’un rabbin américain, Frank Dabba Smith, qui aurait découvert par ses recherches que Ernst Leitz, l’industriel qui a inventé le fameux Leica, aurait sauvé plusieurs dizaines de Juifs en Allemagne nazie.

Je me souviens de la première entrevue avec Frank, quelques mois plus tard à Londres, au Brownes Hotel. Chaleureusement, il me parlait de ses recherches, avec une passion, une humilité et une humanité qui m’ont touchées immédiatement. J’ai immédiatement voulu faire un documentaire sur ces recherches, sur son cheminement, sur cette histoire douloureuse de mon propre pays. Et j’ai rencontré Knut Kühn-Leitz, le petit fils de Ernst, qui m’avait accueilli avec une grande gentillesse à Wetzlar, dans la grande maison Haus Friedwart, où le temps semble s’être arrêté. Nous avons beaucoup échangé, entre Frank, Knut Kühn-Leitz, et moi-même, mais le projet de documentaire n’a malheureusement pas vu le jour.

Mais les recherches de Frank m’avaient ouvert une porte. Depuis mon adolescence, la Seconde Guerre Mondiale, et plus particulièrement l’Holocauste, l’horreur absolue qui a pu se produire en Allemagne nazie, sont comme une plaie en moi. Comme une honte sourde mais présente, comme une culpabilité transmise par les générations antérieures. Qu’avaient fait mes grands-parents en Allemagne nazie? Quels crimes avaient ils commis? J’ai alors commencé en 2007 des recherches sur mon grand-père maternel, un complet inconnu pour moi. Parce que Frank m’a donné envie de savoir.

Le courage, l’humanisme non seulement de Frank, mais de Ernst Leitz sont pour moi des exemples comment, en temps obscurs, l’être humain peut apporter la lumière, et tenir la main à son prochain.

Je crois qu’il est aujourd’hui plus nécessaire que jamais de parler de ce qui nous rend humain. Des choix à faire pour ne pas sombrer dans l’obscurantisme si courant actuellement.

Angelin Preljocaj

Je suis le travail d’Angelin Preljocaj depuis longtemps. Ses chorégraphies me bouleversent à chaque fois, et l’étonnante diversité de ses spectacles me fascine. Angelin Preljocaj incarne pour moi comme personne cette belle dualité de la sensualité et de la violence. Le corps dans ses extrêmes, telles que je les ai également connus dans mon parcours – inverse à celui d’Angelin Preljocaj: en passant de la danse classique à la boxe.
Lorsque j’ai eu la possibilité de réaliser son portrait pour l’émission Metropolis sur Arte, j’ai reçu cette rencontre comme un cadeau, et j’ai découvert un artiste d’une humanité et d’une humilité attachante.
Je remercie Angelin Preljocaj d’avoir accepté que je publie ici l’intégralité de notre interview pour ce portrait, et la maison de production Kobalt Productions GmbH, et notamment Tita von Hardenberg, d’avoir donné leur accord pour l’utilisation de cette interview tournée.

David Carter

La rencontre avec David Carter est dû à mon amour pour Londres. Attirée par l’énergie de cette ville, j’y ai passé quelques semaines en été 2009, accompagnée par deux amies proches. Nous étions à la recherche de nouveauté, d’inspiration et de cette petite différence entre Londres et Paris, cette excentricité anglaise qui se traduit dans une grande créativité et liberté d’expression. Quand je suis tombée sur un article qui parlait des Bedtime Story Nights chez David Carter, j’ai l’ai contacté sur le champs. Deux voyages plus tard, nous nous sommes enfin rencontrés, et j’ai découvert le 40 winks, la maison de David Carter. Un endroit envoûtant, hors du temps. Sans m’en apercevoir, la première fois, j’y ai passé trois heures à parler avec David. Et nos échanges sur le monde, sur l’art, sur l’importance de vivre une vie remplie de sens ont continué depuis.
La force créatrice de David, son énergie optimiste m’ont toujours semblé de belles preuves que ce que nous faisons de la vie dépend de nous-mêmes, de la vision que nous souhaitons avoir.
David Carter est un magicien de l’espace, ses créations semblent de toutes les époques, intemporelles, comme un regard derrière le miroir de Alice pour apercevoir le pays des merveilles …

Anselm Grün

Anselm Grün est comme une vieille connaissance. Mes parents sont depuis une vingtaine d’années des lecteurs assidus de ses livres. Il m’a donc accompagné tel un visiteur régulier dans notre salon où il m’est arrivé de feuilleter ses oeuvres.

 
Anselm Grün est un moine bénédictin qui vit depuis plus de 40 ans dans le monastère Münsterschwarzach en Bavière, en Allemagne. Mais ce moine est devenu grâce à ses livres le religieux le plus populaire d’Outre-Rhin.
Des livres qui ne s’adressent pas forcément aux croyants et convaincus de l’église, mais qui sont surtout lus par ceux qui sont loin de l’église, qui ne s’y reconnaissent pas, ou qui s’en sentent exclus.
Père Anselm est devenu la voix de ceux qui sont en quête de sens, de spiritualité, de ceux qui se cherchent.

 
Ma vraie rencontre avec Anselm Grün a eu lieu grâce à un producteur hors du commun: le très regretté Alexandre Fronty de Zoulou Compagnie.
Alexandre, avec une curiosité vive et un regard bienveillant pour l’être humain, était devenu au fil des ans un spécialiste pour les émissions spirituelles. En 2010, nous avons évoqué la possibilité d’un film sur Anselm Grün.
Comme souvent, ce projet a mis du temps à se réaliser. Mais le CFRT « Le Jour du Seigneur » a souhaité co-produire le film en 2011.

 
Ma belle rencontre avec Anselm Grün est donc née de la confiance que m’a accordé Alexandre pour réaliser ce film. Je lui en serai toujours reconnaissante, ainsi qu’au CFRT. Le film « Anselm Grün – Frère d’humanité » a été diffusé le 30 décembre 2012 sur France2.

 
Je remercie France Télévisions, le CFRT et Zoulou Compagnie d’avoir pu utiliser les images tournées pour « Anselm Grün – Frère d’humanité » afin de réaliser le portrait sur ce site. Un grand merci à Geneviève Cosson, qui m’a tant aidé dans mes démarches, et qui perpétue si courageusement l’oeuvre d’Alexandre …

 
Notre tournage a eu lieu en hiver et printemps 2012. Au fil des semaines, mon caméraman Björn Kathöfer et moi avons découvert un homme d’un humanisme extraordinaire.
Son ouverture d’esprit, sa joie et sa bonté nous ont touchés. Son humilité et sa sagesse nous ont impressionnés.
Au fil de nos échanges ouverts et sincères, un lien amical s’est créé.

 
La grande tolérance et la liberté de ton d’Anselm Grün sont étonnants pour un homme de l’église.
Et nous avons pu voir à quel point sa vie est dédié à l’Autre: l’amour pour son prochain n’est pas une bonne parole chez Anselm Grün. Son impressionnante oeuvre littéraire en témoigne.
Et pour apporter son soutien et sa parole aux autres, le moine fait plus de 60 000 km par an en voiture – c’est-à-dire une fois le tour du monde.

 
La rencontre avec Anselm Grün m’a profondément marquée. Par son exemple, il m’a rappelé à quel point il est nécessaire d’aller vers l’Autre – dans la compréhension et l’acceptation de sa différence.

 
Anselm et moi n’avons pas fini d’échanger depuis notre tournage. Et, je l’espère, d’autres projets naîtront de ces échanges …

 
Extrait de « Anselm Grün – Frère d’humanité »

 
Le DVD de « Anselm Grün – Frère d’humanité »

Pascale Montandon-Jodorowsky

J’ai rencontré Pascale en 2009 lors d’un tournage avec son mari, Alejandro Jodorowsky, pour l’émission « Au coeur de la nuit » sur ARTE.
Nous avons commencé un échange sur la peinture, l’engagement artistique.
Et ces échanges se sont poursuivis, même après le tournage. Au cours de nos entrevues, j’ai pu découvrir deux personnes exceptionnelles, et la belle histoire d’amour qui lie Pascale et Alejandro.
Nous sommes devenus amis.

 
En 2010, je leur ai proposé d’en faire un film, « Les Amants du Tarot ». J’ai commencé à les accompagner lors d’évènements importants avec la caméra. C’est en vue de ce projet documentaire que nous avons réalisé une série d’entretiens.
Le projet documentaire n’a pas vu le jour pour l’instant, à défaut d’un producteur et d’un diffuseur.

 
En ce moment (septembre 2013), Pascale expose ses photos du film « La Danza de la Realidad » de son mari Alejandro Jodorowsky à l’UGC Ciné Cité des Halles à Paris. Pascale a réalisé les photos officielles du film dont elle a également créé les costumes.

 

Elle signe avec « La Realidad de mi Danza » son premier livre qui est publié par la maison d’édition BAOBAB en trois langues simulatanément: français, anglais et espagnol. Il est en vente à Paris à librairie de la Fondation Cartier, ou sur le site américain de Amazon.

 

pascale